Quand la transition climatique passe par l’interdiction de rêver
Après l’interdiction de la publicité pour le tabac, puis pour l’alcool, voici donc venir celle pour… l’avion. À Genève, la transition climatique semble désormais passer par une arme redoutable : le feutre noir du censeur. Plus de slogans, plus d’images de destinations ensoleillées, et surtout plus d’idées de départ. Le citoyen, enfin protégé contre lui-même. Le raisonnement est limpide : si l’on ne voit plus d’avions, on n’aura plus envie de voler. À ce compte-là, interdisons aussi la publicité pour les restaurants afin de lutter contre l’obésité, pour les vêtements afin de freiner la fast fashion, et pourquoi pas pour les appartements afin de contenir la crise du logement. La cohérence idéologique est parfaite, la liberté individuelle beaucoup moins. Le projet de loi part d’un postulat étonnamment paternaliste : sans affiches « agressives » et slogans « chocs », les Genevois vivraient paisiblement enracinés dans leur quartier, parfaitement satisfaits d’un week-end à Belle-Terre, à l...