25 millions d'emplois menacés dans le transport aérien alors que des aérodromes sauvent des vies

 

25 millions d'emplois risquent de disparaître à cause de la chute de la demande de voyages aériens due à la crise COVID-19.

À l'échelle mondiale, 65 millions de personnes dépendent de l'industrie aéronautique, à l’instar des secteurs du voyage ou du tourisme. Parmi ceux-ci, on dénombre 2,7 millions d'emplois dans les compagnies aériennes. Si les restrictions de déplacement durent plus de 3 mois, 25 millions d'emplois dans l'aviation et les secteurs connexes sont menacés dans le monde, dont 5,6 millions en Europe.

Les compagnies aériennes et les aéroports demandent aux gouvernements de leurs fournir une aide financière immédiate pour les aider à rester en vie et à être capables de reprendre leurs activités lorsque la pandémie sera contenue.

Une bouée de sauvetage financière de l’Etat pour les compagnies aériennes et les aéroports est désormais essentielle pour préserver une partie de ces emplois.

Car jamais l’industrie du transport aérien n’a vécu un arrêt des opérations à cette échelle. Par conséquent, aucune expérience en matière de redémarrage des activités n’existe. Ce sera extrêmement compliqué : il faudra par exemple tenir compte des licences et certifications qui auront expiré. Et pour réussir, l'industrie et les gouvernements doivent être alignés et travailler de concert.

Mais cette crise a aussi mis en lumière l’intérêt, pour les pays, à préserver leurs aéroports : les opérations de sauvetage dues au Covid-19 apportent la preuve tangible que les terrains d’aviation sont un bien d’intérêt général.
Le transfert par avion et hélicoptère de malades sous respirateurs artificiels ou les livraisons de matériel médical ont projeté dans l’actualité le rôle essentiel des aéroports. Et le plus étonnant dans cette affaire, c’est que personne ne s’étonne qu’il se trouve toujours un terrain d’aviation près d’un hôpital pour organiser une évacuation sanitaire. Comme si cela allait de soi.

Quand la pandémie aura reflué et que la vie quotidienne aura repris le dessus, il faudra s’en souvenir. Et si des politiques ont à nouveau des velléités de fermer des aérodromes au motif qu’ils coûtent à la communauté, les usagers devront leur rappeler qu’il y a peu, ils étaient soulagés que ces aérodromes n’aient pas été transformés en lotissements ou en zones industrielles.

Un aérodrome est un bien précieux, non seulement parce qu’un jour, il peut servir à une évacuation sanitaire, mais aussi parce que le plus modeste des aéro-clubs ou centre de vol à voile qui y est basé peut donner naissance à des vocations de pilotes professionnels et à des carrières de techniciens ou d’ingénieurs aéronautiques. Autant d’arguments qui pourraient retrouver un sens dans une société qui aura besoin de nouveaux repères.

Tout cela plaide pour une aide financière d’urgence des Etats aux compagnies aériennes afin de sauvegarder un maximum de ces 25 millions d’emplois et, sur le long terme, de préserver les aérodromes régionaux afin d’assurer une accessibilité de proximité des secours en cas de force majeur. Car c’est aussi cela, les circuits courts.

Philippe MEYER
philippe.meyer@premiairclassetv.com
www.youtube.com/premiairclassetv

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