Genève – Porto, pas si simple course
Genève – Porto, pas si simple course

Parmi les destinations les plus fréquentées depuis notre Aéroport figure la ville de Porto. Cette destination est d’autant plus intéressante qu’elle est particulièrement bien représentative de ces 35% des vols qui sont effectués avec comme but des retrouvailles familiales. Un but social et humain des plus respectables pour lequel nous n’avons pas encore entendu d’arguments en défaveur. Or, donc, pour certains, les vols européens doivent être remplacés des voyages en train. Ne remettant pas en cause les intentions louables de ce postulat, (même s’il est à ranger en bonne place parmi la catégorie des fausses bonnes idées, mais là n’est pas le propos et cela pourrait faire l’objet d’un autre papier), quittons les grandes déclarations de principe et plongeons-nous dans la réalité du terrain, la seule qui compte en fin de compte :
Départ samedi 27 juin vers midi
1. Avion
Vol Swiss, départ GVA 12h20 / arrivée OPO 13h35
- Durée totale : 4h40
2h10 de vol + 30 min transfert aéroport + 1h à l’avance + 1h transfert
Porte à porte : départ 10h50 / arrivée 14h35.
- Transbordement : aucun, vol direct
- Prix total, y compris transferts aéroports : environ Frs. 200.-
2. Trains
Départ Genève Cornavin 13h30 / arrivée Lyon Part-Dieu 15h25
Départ Lyon Part-Dieu 15h30 / arrivée Paris Massy 17h30
Départ Paris Massy 19h10 / arrivée Bordeaux St-Jean 22h00
Transfert à pieds 6 min
Départ Bordeaux gare routière 22h15 / arrivée Madrid Barajas 7h00 (trajet en car !)
Départ Madrid Barajas 9h30 / arrivée Lisbonne Oriente 17h15 (trajet en car !)
Transfert à pieds 10 min
Départ Lisbonne Oriente 17h40 / arrivée Porto 20h45 (dimanche)
- Durée totale : 33h15
32h15 de rail/route + 15 min transfert + 15 min à l’avance + 30 min transfert
Porte à porte : départ 13h (samedi) / arrivée 21h15 (dimanche).
- Transbordement : 5, dont 2 avec changement de mode de transport
- Prix total, y compris transferts gares : environ Frs. 400.-
Que dire ? Que ceux qui prônent le train pour ce type de destinations ne l'ont jamais expérimenté. Et que supprimer les vols dans ces cas-là aurait pour seule conséquence de remplacer 1 avion par 150 voitures. Et alors, bonjour le bilan carbone bien défavorable par rapport à l’avion !
Soyons francs : seules 3 destinations au départ de notre Aéroport ont une liaison ferroviaire dont le bilan développement durable est particulièrement intéressant en comparaison avec l’aérien : Milan, Paris et Zurich. Ajoutons que dans ces 2 derniers cas, les dessertes aériennes ne sont d’ailleurs intéressantes que pour transiter et embarquer dans un vol long-courrier.
Et si l’on arrêtait les postures émotionnelles et on rappelait que le transport aérien n’était responsable que de 3% des émissions de CO2 en Europe ?
Si remplacer l’avion par le train est illusoire, pourquoi le prôner ? Précisément parce qu’il faut faire quelque chose. Alors que les parlements votent l’urgence climatique, il faut bien présenter une action immédiate. Proposer des chimères est toujours facile. Cela ne rendra pas nos voyages plus écologiques. Seules de nouvelles technologies environnementales le permettront. C’est là qu’il faut investir, pas dans des fantasmes.
Philippe MEYER
philippe.meyer@premiairclassetv.com
www.youtube.com/premiairclassetv
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