Vol au secours de l’industrie aéronautique

Le transport aérien, bouc émissaire d'activistes écologistes, semble encaisser les coups sans être capable de faire entendre ses arguments. Il est temps de reprendre l’initiative et d’élever la voix pour contrebalancer les attaques incessantes.
L’aviation, le transport aérien et l’industrie aéronautique sont, comme bien d’autres activités humaines, mais à une très petite échelle (3%), des contributrices au réchauffement climatique et, tout comme ces autres activités, elles doivent prendre part à la décarbonation de notre monde.
Mais pour atteindre ce but, une minorité imagine imposer des taxes et des interdictions de certains vols.
L’interdiction des vols Genève – Zurich, par exemple, ne réduira jamais l’empreinte carbone des vols entre Singapour et Kuala Lumpur (la ligne avec le plus grand nombre de vols au monde : plus de 30’000 vols par an…)
Nous savons que le marché du transport aérien est en lambeaux. Crises sanitaire et économique obligent ! Mais trouver en cela une opportunité pour affaiblir l’industrie suisse est une grave erreur. Vécue comme un coup de couteau dans le dos.
Car il y a bien mieux à faire que de se concentrer sur des taxes : déployer les moyens pour que nos industriels, nos pilotes, nos ingénieurs, nos techniciens, pour que la communauté du transport aérien puissent concevoir, tester, installer et diffuser les solutions ZERO-EMISSIONS qui pourront alors équiper tous les avions (y compris ceux de cette ligne Singapour - Kuala Lumpur) et ainsi contribuer significativement à la décarbonation de toutes les lignes aériennes.
Avant d’arriver à ces résultats techniques, la communauté aéronautique doit sortir enfin de sa torpeur et réussir à reconquérir le cœur d’une opinion publique parfois désorientée par les chiffres fantaisistes jetés en pâture par des réseaux sociaux, mais aussi par les médias traditionnels.
Il s’agit maintenant d’élaborer et financer une campagne d’information ambitieuse, dynamique, puissante, ciblée et décomplexée vers le grand public. Avec des moyens à la hauteur de l’enjeu : réconcilier ce grand public avec l’industrie et le transport aérien par un contrat clair assurant le soutien de tous.
Le début du XXe siècle a vu la première révolution de l’aviation avec les tous premiers vols humains motorisés. Le milieu du XXe siècle a vu la seconde révolution de l’aviation avec l’avènement des jets, facilitant les vols long-courriers et abordables aux classes moyennes : la démocratisation du transport aérien.
Le début de XXIe siècle voit l’entrée de plein pied dans la 3e révolution de l’aviation : celle du vol respectueux de la planète. Il est temps d’en prendre conscience et de l’encourager. Il est temps de cesser de traiter le secteur comme un bouc émissaire, défouloir facile mais inopportun. Croyons en l’Homme et aux progrès technologiques ! Investissons dans le monde de demain plutôt que de vouloir taxer celui d’hier.
Philippe MEYER
philippe.meyer@premiairclassetv.com
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