Le Parlement soutient l’aviation d’affaires — et c’est une excellente nouvelle
Le 14 juin dernier, le Parlement fédéral a tranché avec
clarté : deux motions visant à affaiblir l’aviation d’affaires ont été rejetées
à une large majorité. Cette décision, soutenue par le Conseil fédéral, envoie
un signal fort : notre pays choisit de préserver un secteur stratégique,
créateur de valeur, d’emplois qualifiés et d’opportunités économiques pour
toutes nos régions.
Les motions déposées par deux élues des Verts en 2023
visaient à introduire, d’un côté, une taxe punitive sur les jets privés, et de
l’autre, un plan de réduction des vols. Derrière ces propositions, une
intention limpide : affaiblir l’attractivité de l’aviation d’affaires. Ce
narratif, qui oppose confortablement idéologie et réalité économique, n’a heureusement
pas résisté à l’épreuve des faits.
La motion intitulée « Jets
privés, ça suffit » a été rejetée par 122
voix contre 63. Elle contenait plusieurs affirmations erronées, notamment sur
une prétendue interdiction des jets privés aux Pays-Bas. Or, toute consultation
sérieuse du site de l’aéroport de Schiphol permet de comprendre que la baisse
du trafic résulte de restrictions ciblées sur les vols de nuit ou les appareils
les plus bruyants, sans aucune interdiction générale. Plus encore, ce trafic
est redirigé vers d’autres plateformes, l’impact sur les émissions globales
étant ainsi nul, contrairement à ce qu’indiquait la motion.
Autre contrevérité : l’aviation privée ne viserait pas la
neutralité carbone. C’est inexact. Le secteur s’est engagé à atteindre la
neutralité climatique d’ici 2050, en ligne avec les feuilles de route adoptées
au niveau européen et international.
La seconde motion, plus technique, proposait une « taxe de
luxe » supposée dissuasive. Là encore, le Parlement a tranché par 121 voix
contre 68. Ce concept de luxe est souvent utilisé à des fins démagogiques. Mais
l’aviation d’affaires n’est, dans l’immense majorité des cas de son
utilisation, tout sauf un luxe : c’est un outil de souveraineté économique, de
connectivité internationale et de compétitivité pour les entreprises basées en
Suisse, qu’il s’agisse de grandes multinationales pourvoyeuses d’emplois ou de
PME exportatrices.
Nombre d’études indépendantes ont confirmé cette réalité :
sans aviation d’affaires, les sièges internationaux ne viendraient pas
s’implanter en Suisse. Sans aviation d’affaires, certaines régions perdraient
leur attractivité économique.
Je me félicite de voir notre Parlement choisir le
discernement plutôt que l’idéologie, la cohérence plutôt que la caricature.
Réglementer, oui. Mais réglementer intelligemment, en s’appuyant sur les faits,
les données économiques, et surtout, la réalité du terrain.
La Suisse doit rester un pays ouvert, connecté et capable de
défendre ses intérêts économiques sans céder aux slogans démagogiques. C’est
dans cette perspective que le Parlement a tranché. Et je m’en réjouis.
PS: Article écrit en collaboration avec l'AGAA
Philippe MEYER
Philippe Meyer - YouTube
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