La France tire une balle dans l’aile de son aviation d’affaires
Sous couvert d’écologie, le gouvernement français s’acharne une nouvelle fois sur un secteur stratégique : l’aviation d’affaires.
Avec une fiscalité devenue tout simplement confiscatoire, la France saborde un
pan entier de son économie, au nom d’une politique faite de symboles et
contre-productive.
Depuis mars, la
hausse vertigineuse de la TSBA (Taxe de solidarité sur les billets d’avion) a
plongé les opérateurs français dans une véritable crise existentielle.
Cette taxe dite écologique – qui s’élève désormais jusqu’à 2’100 euros par
passager pour les vols long-courriers – frappe aveuglément les compagnies d’aviation
d’affaires françaises, sans le moindre effet bénéfique pour la planète.
Résultat : au
troisième trimestre, l’activité des opérateurs français s’est effondrée de 22 %,
pendant que celle des autres opérateurs européens… progressait de 4 %.
Cherchez l’erreur.
Les opérateurs
étrangers captent désormais la clientèle française, sans payer un centime
d’impôt en france, sans créer un seul emploi local et sans contribuer à
l’entretien de son écosystème industriel.
Le tout, alors que la fameuse taxe est déclarative, donc sans aucun contrôle
réel de son efficacité environnementale.
Autrement dit :
les entreprises françaises paient, les autres entreprises européennes
encaissent, et le climat n’y gagne rien.
Cette surtaxe
n’a même pas produit les revenus promis.
Les 150 millions d’euros attendus se sont transformés en quelques dizaines de
millions au mieux, la chute d’activité ayant mécaniquement réduit la base
imposable.
C’est donc un double échec : économique et budgétaire.
Il est donc
grand temps pour notre voisin de trouver une solution de bon sens : aligner la
taxation de l’aviation d’affaires sur celle des passagers de classes Affaires
et Première, de l’aviation commerciale. Une mesure équitable, rationnelle, et
surtout cohérente avec les standards européens.
On oublie trop
souvent que l’aviation d’affaires française, ce n’est pas une poignée de jets
privés pour dirigeants pressés :
c’est 32,1 milliards d’euros de production économique, plus de 101’500 emplois
directs et indirects, et un maillage territorial essentiel au dynamisme de
nombreuses régions.
De Bordeaux à
Annecy, de Lille à Ajaccio, l’aviation d’affaires française relie des
territoires délaissés par les lignes régulières. Elle transporte entrepreneurs,
ingénieurs, médecins, techniciens et acteurs du tissu économique régional.
Ce nouvel
épisode illustre la dérive d’une écologie punitive et dogmatique, qui préfère
taxer aveuglément plutôt que d’accompagner la transition.
Au lieu d’encourager les investissements dans les carburants d’aviation durables
(SAF), la modernisation des flottes ou les technologies hybrides, la France
choisit la voie la plus populiste : la punition fiscale.
En pratique,
cette politique tue les acteurs français, délocalise l’activité, et aggrave le
déficit environnemental — puisque les vols continuent, mais opérés depuis
l’étranger.
L’aviation
d’affaires n’est pas un luxe : c’est un outil de compétitivité et de
connectivité.
En la stigmatisant au lieu de la soutenir, la France se prive d’un levier
économique majeur, au profit de ses voisins européens plus pragmatiques.
Il est temps de
cesser de confondre transition écologique et auto-flagellation économique.
L’avenir de l’aviation d’affaires française — et de milliers d’emplois
qualifiés — dépend d’un sursaut de lucidité.
Et dire que
certains, en Suisse, rêvent d’appliquer cette même recette chez nous… L’indigestion
qu’elle crée chez nos voisins devrait définitivement leur faire changer d’ingrédients.
Philippe Meyer
Philippe Meyer - YouTube
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