Pourquoi Airbus ne devrait pas construire l’A360
Airbus vient de lever le voile sur ses réflexions autour d’une nouvelle génération d’avion monocouloir, parfois évoquée sous le nom d’A360, destinée à remplacer à terme l’A320 et à répondre au futur successeur du Boeing 737. Sur le papier, la logique semble imparable. Boeing prépare son propre appareil de nouvelle génération : Airbus devrait donc réagir, à armes égales.
Mais cette
vision stratégique fait abstraction d’une réalité pourtant évidente : le marché
aéronautique est aujourd’hui incapable d’absorber davantage de nouveaux
programmes.
Les compagnies
aériennes ne parviennent déjà pas à recevoir les avions qu’elles ont commandés.
Les chaînes d’approvisionnement sont durablement fragilisées, les cadences
industrielles sous tension, et chaque nouveau programme ne fait qu’aggraver ces
difficultés. Si Boeing et Airbus lançaient simultanément deux avions
entièrement nouveaux, la pression sur l’écosystème industriel deviendrait tout
simplement ingérable.
Plutôt que de
se lancer dans l’aventure risquée d’un A360, Airbus ferait sans doute mieux
d’opter pour une solution plus pragmatique : un A320X, évolution de l’actuel
A320, intégrant de nouveaux moteurs, des améliorations aérodynamiques et des
optimisations structurelles. Une telle approche permettrait de maintenir des
cadences élevées (Airbus produit déjà plus de 70 A320 par mois) tout en
répondant à l’urgence des besoins des compagnies.
Car beaucoup de
transporteurs seraient prêts à renoncer à quelques pourcents de performance
supplémentaire en échange d’un avion fiable, disponible rapidement et livré
dans les délais. Pendant ce temps, Boeing continuerait de se débattre avec le
développement complexe de son hypothétique 797, laissant à Airbus un avantage
industriel décisif.
Surtout, cette
stratégie libérerait des ressources précieuses pour un combat autrement plus
stratégique : celui du long-courrier. L’A330neo est un bon appareil, mais il
reste nettement distancé par le Boeing 787, tant sur le plan technologique que
commercial. En développant un véritable successeur à l’A330, conçu dès
l’origine pour rivaliser frontalement avec le Dreamliner, Airbus pourrait
rebattre les cartes.
Philippe Meyer - YouTube
Commentaires
Enregistrer un commentaire