Le transport aérien et les médias



Aucun doute, le transport aérien est un des sujets favoris des médias. Cette activité est devenue accessible au grand public. Et puis, il n’est pas naturel pour un terrien de se voir propulsé dans les airs, à 10’000 mètres d’altitude, à 900 km/h, pour arriver dans une destination éloignée de plusieurs milliers de kilomètres. Bref, prendre un vol est encore très anxiogène et ce n’est pas la traversée des aéroports qui va apaiser l’appréhension de prendre l’avion. Au moins 50% des passagers ont encore peur dans ce mode de transport. Tout ceci explique sans doute pourquoi les médias s’intéressent autant à ce secteur d’activité. Ajoutons que le transport aérien fait de très belles images dont les télévisions et les magazines sont friands.

Et pourtant on ne peut pas dire que les médias traitent le transport aérien d’une manière totalement neutre, surtout depuis la généralisation des réseaux sociaux. Pas de jour sans qu’un entrefilet ne mentionne un incident survenu à bord d’un appareil. Tel vol a été dérouté car un passager se sentait mal, ou qu’une altercation même bénigne est intervenue à bord. Et le traitement est toujours dramatique. Le vol de la compagnie « XY » a été obligé de faire demi-tour pour tel incident. Certes cela constitue une nouvelle, mais est-ce bien normal de dramatiser ce qui n’est le plus souvent qu’une procédure habituelle destinée à assurer la sécurité des passagers ?

Au fond, les clients sont maintenant les premiers pourvoyeurs de nouvelles et même d’images, bien pratiques pour remplir des émissions ou des publications lorsque l’actualité est pauvre. Et des incidents anodins font ainsi le tour de la planète, poussés par les réseaux sociaux sans que pour autant toutes les informations aient été hiérarchisées.

Ils mériteraient une explication technique qui n’est pas fournie car peu accessible au grand public. Prenons l’exemple des retards d’avions. Un certain nombre d’entre eux sont dus à des contraintes techniques imputables à la compagnie, d’autres proviennent d’un défaut de fonctionnement qui empêche le décollage de l’appareil et c’est alors bien heureux, d’autres enfin proviennent du contrôle aérien lequel est divisé en plusieurs espaces dont chacun peut être une cause de retard. Je pense en particulier aux grèves à répétition qui affectent le contrôle aérien, particulièrement français, qui sont sources de retards imputés finalement aux transporteurs par les passagers légitimement irrités de ces contre-temps.

A côté de cela, l’énorme travail fait par ce secteur d’activité pour atteindre l’excellence est passé sous silence. Les énormes investissements engagés pour la décarbonation du transport aérien sont passés sous silence.

Prenons l’exemple du bruit. Les médias relaient régulièrement les plaintes des riverains des aéroports envers les mouvements des appareils bien obligés de les survoler, sans qu’il soit mentionné que ces mêmes riverains profitent à plein de l’activité économique générée par les plateformes aéroportuaires, ce qui explique qu’ils se soient installés à proximité, et que l’on ne voit jamais mentionné que le bruit des appareils diminue d’année en année sous l’effet des recherches très onéreuses payées par les divers opérateurs. Un appareil de la dernière génération fait 5 fois moins de bruit qu’un avion de même capacité des années 1990.

Allez, un petit effort d’analyse de la part des médias, particulièrement sur ce sujet !

Philippe MEYER
Philippe Meyer - YouTube

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