Retour du Salon aéronautique de Farnborough 2026

Après avoir parcouru les allées du salon du 21 au 23 juillet passé, je ne peux que constater qu’entre commandes majeures, évolutions technologiques et déclarations fracassantes, Farnborough a confirmé qu'il demeure un rendez-vous incontournable de l'industrie aéronautique. Le premier enseignement que je retire de cette visite concerne les deux best-sellers mondiaux, l'Airbus A320neo et le Boeing 737 MAX. Certes, SMBC Aviation Capital a ouvert le salon avec une spectaculaire commande de 100 appareils de chacune des familles, mais l'essentiel était ailleurs. Les deux constructeurs ont dévoilé d'importantes améliorations techniques destinées à prolonger la vie commerciale de leurs monocouloirs. Chez Boeing, la résolution attendue du problème du système d'antigivrage des moteurs devrait enfin permettre la certification des 737 MAX 7 et MAX 10, tout en libérant des ressources d'ingénierie pour les futurs programmes 777X. Airbus a, de son côté, lancé le programme « Step 4 », qui généralise à l'ensemble de la famille A320 plusieurs innovations développées pour l'A321XLR. Objectif : alléger les appareils, simplifier leur maintenance mais surtout rationaliser la production afin de répondre à un carnet de commandes toujours gigantesque. Autre vedette du salon, le Boeing 787-10 confirme son heure de gloire. Longtemps restée dans l'ombre des autres versions du Dreamliner, cette variante a enregistré les plus importantes commandes de tous les gros-porteurs avec 20 exemplaires pour Riyadh Air et 20 pour Philippine Airlines. L'amélioration récente de son autonomie renforce son attractivité auprès des compagnies qui recherchent un successeur économique aux vieillissants Boeing 777-200. Le troisième grand gagnant est sans conteste Airbus en Chine. Quelques jours avant Farnborough, le constructeur européen a discrètement engrangé près de 18 milliards de dollars de commandes auprès de China Eastern, Air China, Shenzhen Airlines et Hainan Airlines. Au-delà des chiffres, ces contrats illustrent la domination persistante d'Airbus sur le premier marché mondial de l'aviation commerciale et éclipsent les récents succès revendiqués par Boeing dans le pays. Le salon a également mis en lumière d’importantes déconvenues. La première d'entre elles concerne le Boeing 777X. Alors que le programme progresse vers sa certification, Tim Clark, président d'Emirates, a créé la polémique en annonçant qu'il refuserait les dix premiers appareils destinés à sa compagnie. Selon lui, ces avions, construits il y a plusieurs années, devront être lourdement modifiés et n'offriront pas les performances promises. Une critique particulièrement sévère venant du principal client du programme. Autre déception : l'absence du très attendu lancement de l’A220-500. Malgré de nombreuses rumeurs, Airbus n'a pas lancé cette version allongée de son monocouloir. Les réticences des sociétés de leasing, soucieuses de préserver la valeur de leurs flottes d'A320neo, ainsi que le récent succès commercial de l'A220-300 auprès d'AirAsia, semblent avoir convaincu le constructeur de repousser encore sa décision. Finalement, Farnborough 2026 aura surtout démontré que, malgré les projets de nouveaux appareils attendus dans la prochaine décennie, Airbus comme Boeing continuent de miser sur l'amélioration de leurs programmes actuels. Entre optimisation industrielle, évolutions techniques et batailles commerciales sur les grands marchés mondiaux, l'innovation passe aujourd'hui principalement par le perfectionnement des avions existants aux commandes remplies pour plusieurs décennies. Philippe MEYER
https://www.youtube.com/@philippemeyer9816

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